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Descendre du manège (et monter dans un hamac)

Si vous faites partie de notre civilisation, la vitesse vertigineuse à laquelle notre monde avance ne vous aura pas échappé. Dès notre plus tendre enfance, notre quotidien obéit à un emploi du temps ultra minuté : école, devoirs, activités extra- scolaires. Vite, vite, le moindre temps libre doit être rempli. La frénésie s’accélère à mesure que l’on avance dans les années. Etudes, supérieures si possible, boulot, supérieur, autant que faire se peut : il « faut » agir, produire, performer, cocher les cases et occuper les trous de l’agenda. Productivité et efficacité. C’est la norme, c’est comme ça, nous sommes de bons moutons, on finit par faire parce qu’il faut faire, de façon mécanique, systématique et inconsciente : le pilote automatique est enclenché. Jusqu’à quand ?

Ouf, une pause salutaire arrive en été. Bien souvent, l’agenda est tout aussi surchargé (visites et autres activités sportives / culturelles/ artistiques obligent), ou alors, l’apnée est telle tout le reste de l’année que c’est le vide intersidéral, la vacuité totale, rien de rien, pour pouvoir recharger les batteries grillées.

Rares sont ceux qui profitent des vacances pour s’introspecter un peu, questionner le sens, investiguer souhaits et priorités de la personne la plus importante de leur vie, j’ai nommé : eux – mêmes !

Bref, bien souvent, vacances, j’oublie tout, mais quand même pas mon smartphone, pour continuer à moutonner… Et quand arrive la rentrée, en voiture Simone, c’est reparti pour un tour de manège. Jusqu’à la prochaine fois, comme dirait Boris Vian dans la chanson la Complainte du Progrès.

Ah, le « Progrès » ! Parlons – en. Oh et puis non finalement, n’en parlons pas. Il y en aurait des choses, à mettre au ratatine – ordures, mais il y a aussi du bon, alors loin de moi l’idée de vous sortir la complainte parasite du « c’était mieux avant ». Je n’en sais rien, je n’y étais pas. Ce qui est certain, c’est que les avancées technologiques nous ont rendus ultra connectés, nous sur – sollicitent en permanence et nous étourdissent, dans tous les sens du terme, accaparant une grande partie de notre temps.

Comme le disait mon fils quand il était petit, avant, les gens étaient connectés à la nature, maintenant, ils sont connectés à Internet.

Un peu plus connu que mon fils, Eckhart Tolle dit :

Bien sûr, pour fonctionner en ce monde, nous avons besoin du mental, ainsi que du temps. Mais vient un moment où ils prennent le contrôle de notre vie, et c’est alors que s’installent le dysfonctionnement, la souffrance, et le chagrin.

Soyons parfaitement honnêtes avec nous – mêmes un instant, voulez – vous : peut – on définir notre vie comme heureuse, libre et accomplie ?

Bien souvent, la réponse est négative. Définitivement, non.

Et si on n’attendait pas l’été pour descendre du manège ? Et si on arrêtait de s’épuiser à essayer d’attraper le pompon ? Le pompon qui fera gagner quoi, d’ailleurs ? Sa vie ? Mais on l’a déjà gagnée, notre vie, puisqu’on est en vie, comme le dit Franck Lopvet.

Alors…

Si on essayait de changer de perspective ?

Si, au lieu de se donner un challenge en termes d’objectifs annuels ou de croissance à deux chiffres, on s’interrogeait sur nos aspirations profondes ? Arrêter le cours du torrent qui nous emporte on ne sait où, pour cheminer vers soi. Être moins dans le mental, et plus dans le corps et dans le cœur.

La vie vous donnera toutes les expériences qui seront utiles pour l’évolution de votre conscience. Comment savoir que c’est l’expérience dont vous avez besoin ? Parce que c’est l’expérience que vous rencontrez en ce moment (Eckart Tolle, Pouvoir du Moment présent)

 

Céline méditation

 

Expérience, voilà qui est intéressant.  Et si on expérimentait d’autres choses ? Prendre un chemin de traverse et s’éloigner du troupeau, juste pour voir. Reconsidérer nos vérités établies ?

Avant qu’il ne soit trop tard. Avant que ne vienne « le temps des regrets ».

Je doute que personne n’ait jamais déclaré, sur son lit de mort « Mais pourquoi n’ai – je pas passé plus de temps au bureau ?! »

Alors…

Si on essayait un autre rythme ?

Oui, nous sommes dans une société hyper speed, ultra dirigée par la performance. Et alors ? Si on adoptait un rythme plus posé, plus conscient, et j’ose le dire, plus lent ?

Lenteur ne rime pas forcément avec inefficacité, bien au contraire.

En étant plus (présent à ce que vous faites et ce que vous dites, plus conscient), vous faites moins et mieux. Votre niveau d’énergie, beaucoup moins « pompé » par des actes, pensées et paroles inutiles, remonte.

J’accompagne maintenant beaucoup de chefs d’entreprise, qui constatent que l’efficacité est toujours là, mais elle est différente. Ils sont le pilote de leur vie, plus un hamster tournant dans sa roue de façon mécanique et répétée. Ils sont tout aussi, voire plus performants, car ils préservent leur énergie pour plus de conscience et de qualité de l’existence => ils font de meilleurs choix et leurs actions sont plus pertinentes. Ils n’aspirent plus à la perfection, mais à la plénitude.

Alors…

Si on sortait prendre un bain de nature ?

Des chercheurs de l’université de Stanford, aux Etats-Unis, se sont intéressés aux bienfaits de la nature sur la santé mentale : une promenade de 90 minutes en forêt, dans un parc, ou en bord de mer, permet de voir la vie de manière plus positive. Au scanner, et ce dès la première promenade, la zone du cerveau liée aux pensées négatives est moindre après une promenade au vert, ce qui n’est pas le cas après une balade en milieu urbain. Se promener dans la nature est un de prévenir la fatigue mentale et d’améliorer sa santé physique.

Alors, oui c’est la rentrée, la fin de la trève estivale.

Et non, nous ne sommes pas au mois de janvier. Pourtant, je vous invite à prendre une résolution : descendre régulièrement du manège (et monter dans un hamac) !

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