oser

J’ai osé. J’ai sauté. Et je dis Merci !

Saute et le filet apparaîtra… une de mes phrases préférées, que je cite souvent lorsque je coache.

Osez sauter pour plus de bonheur, de plénitude, de mieux être, d’épanouissement…à vous de voir, vous êtes le pilote de votre vie !

Je vous entends d’ici me dire que c’est facile de prodiguer ces conseils depuis son canapé.

Bien d’accord, et j’ai encore beaucoup de choses à sauter.

Tiens par exemple, toutes ces chansons que j’ai composées.

Compagnes de silence du fond de mes tiroirs, faudrait oser.

Oser partager, monter sur scène, les chanter.

Oser sauter même si je ne vois pas le filet.

Il m’arrive quand même parfois de franchir le pas.

L’année dernière, j’ai osé. J’ai sauté.

Cela s’est tellement bien passé. J’ai tant de gratitude d’avoir sauté.

Que j’ai à cœur de partager mon histoire… de ce pas.

La voici pour vous, et avec vous. Osez sauter !

Je l’ai connu très jeune pendant mes grandes vacances.

Mon cœur envahi de sa lumière, de son parfum emporté par le vent de Vence.

Le quitter pour Paris était un déchirement.

Rentrer, à chaque fois, en reculant.

C’est trop rude.

Saisir toutes les occasions pour quitter Paris.

Et le retrouver, lui.

Le Sud !

Il n’y a pas de hasard, un jour débarque à l’improviste un promoteur en costar.

Il veut racheter la maison familiale, mon cœur se prend un coquard.

Mais j’y vois un signe : pas de doute. Peu importe la nostalgie, je sens qu’il faut agir.

C’est le « Kairos » ; le bon moment pour faire les choses.

Par les cheveux, par les pieds, le Kairos, faut le saisir.

Quitter Paris, rejoindre mon éternel amour : c’est l’occasion propice.

Mon sud me parle en cet instant au travers de cet homme en costume lisse.

Alors je saute. J’ose.

 

Six mois après, comme j’aime sauter, mais aussi courir.

Je foule de mon pied (pas si) alerte, la route sinueuse du col de la Gineste.

C’est la course Marseille – Cassis. Je cours et j’aime à mourir.

Mes yeux s’ouvrent en mode panoramique sur les Calanques. J’halète.

Crayeuses plongeant dans un bleu paisible. Je peine.

Marseille devient pour moi l’évidence. Je respire.

La décision est prise, un rétroplanning pas si cool commence.

Une famille, une boîte à déménager à l’autre bout de la France.

Taraudée de questions sur l’avenir, l’adaptation, les gens et leurs différences.

J’ose, je saute. Sans filet. Je remercie mon inconscience.

J’ose alors l’annoncer à mes proches.

On me félicite avec ce besoin si humain de se rassurer :

« Ah ! Vous avez donc tous les deux un job en poche ?! ».

– Euh… non… je n’y ai pas vraiment pensé !

Mais j’ose : je vais sauter.

On m’observe d’un air effaré comme si j’annonçais mon départ pour l’ouverture d’un bar topless en Afghanistan.

D’autres ne cachent pas leur mépris et ne voient en Marseille qu’une ville de hâbleurs et de truands.

L’une de mes clientes me demande si l’on m’a forcée à choisir cette ville !

Peuchère, je n’aurais pas choisi Kaboul, Marseille c’est mon choix, c’est ma ville.

 

Je les entends mais je ne les écoute pas.

Toutes ces peurs ne m’appartiennent pas. J’en ai déjà assez comme ça.

J’ose. Je saute.

Je remercie ma détermination.

J’espère de toutes mes forces qu’un filet apparaîtra, sans craindre la damnation.

Six mois défilent, je débarque enfin à Marseille avec ma famille.

Ne connaissant quasi personne (ne dit-on pas que c’est la qualité qui compte ?)

J’ai des idées qui fourmillent.

Un coeur qui bat à tout rompre.

Ca y est, j’ai osé, j’y habite, proche de la grande bleue, en fin de compte.

 

« Bienvenus dans la ville où il fait beau 420 jours par an ! »

Le président du C.J.D. de Marseille m’accueille de ces mots.

Et par ses mots chassent tous mes doutes et mes maux.

Quelles belles rencontres faites dans ce réseau.

Le Mucem m’invite à un voyage d’ombre et de lumière par sa résille.

Les Calanques, leurs coins secrets, les ruelles ensoleillées. Adieu les journées pluvieuses.

Les gens sont chaleureux, l’accent est chantant, les panisses délicieuses.

Le concert des cigales dans la chaleur, qui grésillent.

Je remercie la vie, chaleureuse.

Mes enfants sont comme des poissons dans l’eau dans leur école, Prado Plage.

Non mais, pincez-moi, réveillez-moi ; une école qui s’appelle plage !

C’est comme dans un rêve, surtout en grandissant à Charleville-Mézières.

J’adore les Ardennais, qu’on ne s’y trompe pas… j’en suis fière.

Mais 420 jours de pluie contre 420 jours de soleil ; y a pas photo.

J’ai osé, j’ai sauté sans filet et pas du haut de l’escabeau.

 

Tout n’est pas rose, ni grand bleu.

Je pensais qu’à l’heure d’internet et du télétravail sous un ciel bleu.

La transition professionnelle, la gestion à distance de mon agence à Paris seraient limpides.

Trouver des clients à Marseille, ce n’est pas si rapide.

J’ai osé j’ai sauté, malgré mes peurs bleues.

Je remercie ma naïveté et je travaille ma patience qui n’est pas celle d’un ange.

Croyez-moi : ça, c’est un sacré challenge !

Les Marseillais me conseillent, m’écoutent et me donnent leur avis.

Ils m’offrent leur temps précieux, leur réseau, me présentent leurs amis.

J’ai une furieuse envie de m’implanter. Je suis encore fréquemment en déplacement à Paris.

A chaque retour à Marseille, je reconnais l’odeur si familière des pins.

Impression d’ évidence : je me sens chez moi, je m’y sens bien.

Je remercie ma confiance en la vie et en l’humain qui sommeille en chacun de soi.

Je remercie Marseille, dans toute l’ essence du terme : tout est au vert.

Je remercie tous les Marseillais de souche ou de cœur, qui m’ont accueillie à bras ouverts.

Je remercie les susmentionnés hâbleurs, je les ai rencontrés ; ils me font travailler sur moi.

Un an après, je ne ressens pas d’habituation.

Non, je ne me suis pas habituée à voir la mer depuis mon balcon.

A courir le long de la corniche qui surplombe un grand bleu à l’horizon.

A me baigner dans les Calanques, ouvrir les yeux dans l’eau, tendre les mains.

A chausser mes lunettes de soleil dans mon salon baigné de lumière dès le matin.

Je fais le vœu de m’y habituer le plus tard possible.

Et de garder mon âme d’enfant et mon côté candide.

 

 

Merci à Marseille, merci aux rencontres et aux synchronicités.

Merci à la vie !

Et vous, qu’avez-vous osé, qu’aimeriez-vous OSER ?

Comment mettre plus de rose – anagramme d’oser ?

Comment faire pétiller votre vie ?

Et quand vous aurez osé, que vous aurez sauté.