Extrait du livre : Briser le mythe du multitasking

Extrait du livre : Briser le mythe du multitasking

Briser le mythe du multitasking : 

Non, notre cerveau n’est pas programmé pour traiter plusieurs choses en même temps !

 

(n’en déplaise aux Wonderwomen…)

Nous passons sans cesse d’une tâche et d’un écran à l’autre. Nous contrôlons nos emails toutes les 7 minutes en moyenne, et quand nous les vérifions, nous perdons 28 % de notre temps de travail et près de 10 points de QI !

Il nous est donc extrêmement difficile d’être dans une véritable attention, d’autant plus qu’à ces stimulations externes (messages en tous genres, sollicitations permanentes de notre hiérarchie, de nos clients, de nos familles et j’en passe) viennent s’ajouter nos propres pollutions mentales !

Nous avons 70 000 pensées par jour, soit 46 pensées par minute. Une toutes les secondes et 25 centièmes. 47 % sont aléatoires : elles sont liées au passé ou au futur, et non au présent, en rapport avec ce que nous faisons. Sollicités en permanence, nous sommes physiquement présents, mais en réalité, pas vraiment là. En effet, comment pouvons-nous être réellement disponibles quand une grande partie de nos pensées est tournée vers autre chose que l’activité dans laquelle nous sommes engagés et quand, de plus, nous sommes en train de faire plusieurs choses en même temps ? En 2009, une étude de l’Université de Stanford39 a montré que notre cerveau n’était pas programmé pour traiter plusieurs choses en même temps : n’en faire qu’une seule à la fois nous rend plus productifs.

Le multitasking donne un sentiment illusoire de puissance et d’efficacité, mais en réalité, le cerveau met plus de temps à passer d’une action à l’autre, car cette stimulation à outrance complique la distinction entre les informations importantes et celles qui ne le sont pas. Les chiffres sont effarants : le multitasking réduit la productivité de 40 % !

Non seulement nous ne laissons plus de place à l’être, mais nous sommes doublement, voire triplement ou plus encore, dans le faire, en étant multitâches.

C’est un phénomène de société qui est devenu une seconde nature pour beaucoup d’entre nous : aujourd’hui, tout est 2 en 1, voire 3 en 1, même les shampoings ! Il « faut » gagner plus de temps pour faire plus de choses, y compris pour se laver les cheveux !

Daniel J. Levitin, neuroscientifique et psychologue américain, affirme dans son livre L’Esprit organisé : Mettez de l’ordre dans vos idées, que passer sans cesse d’une action à une autre implique un effort cognitif important et provoque une augmentation de la production des hormones liées au stress.

Cet état d’hyperexcitabilité génère, en quelques heures seulement, une fatigue, voire un épuisement, peu propice à un endormissement facile et à un sommeil de qualité.

Un article du New York Times intitulé « Relax, you’ll be more productive » sume une partie des recherches de Jim Lheur et Tony Schwartz : les personnes capables d’alterner les tâches sont bien plus efficaces que celles capables de les cumuler. Je vais en décevoir certaines en brisant un mythe, mais les femmes aussi sont concernées, même si une légende urbaine dit que celles-ci sont capables de faire plusieurs choses à la fois.

Une étude de la Michigan State University, parue en 2012, a même fait une corrélation entre le multitasking et la tendance à l’anxiété et à la dépression.

Ajoutons encore une conséquence dramatique à une liste hélas déjà longue comme le bras. Cette impression erronée de pouvoir faire plusieurs choses en même temps augmente également la production de dopamine (hormone liée au circuit de la récompense) : ainsi « dopés », nous nous sentons momentanément satisfaits, et ce leurre nous incite à aller chercher une dose supplémentaire, en continuant à être multitâches. Le cercle vicieux est installé !

Vu de l’extérieur, beaucoup de personnes (non au fait de certaines statistiques) seraient tentées d’envier, voire d’encenser les « Supermen » et « Wonderwomen », s’adonnant aux plaisirs (non interdits) du multitasking et réussissant à mener de front sans difficultés (tout au moins, en apparence) leurs vies professionnelle et personnelle. Comment font-ils (secret bien gardé ?) pour enchaîner réunions de comité de direction, sorties mondaines et activités avec leurs bambins toujours bien léchés, tout en gardant un sourire digne d’une publicité pour un dentifrice américain ?

Se prendre de plein fouet dans les dents cette image de perfection rend encore plus inavouable et honteux l’aveu de nos difficultés bassement matérielles ou organisationnelles.

Dans notre civilisation, où règnent en maître le « sois fort » et le « sois parfait » (injonctions auxquelles on pourrait ajouter « et tais-toi »), oser dire que l’on a du mal à tenir la cadence, à supporter la pression, à joindre les deux bouts, ou tout simplement ne pas être en adéquation avec le système, est très culpabilisant (et on finit parfois par ne même plus savoir de quoi se sentir coupable, finalement : refuser d’être un mouton ou ne pas parvenir à en être un ?).

Dans certains milieux, la sentence est sans appel : exclusion pure et simple. Clap de fin. Nous l’avons vu, le rejet social est la plus grande peur de l’homme depuis la nuit des temps. C’est une question de survie. Cette pression ajoute une pierre au grand monolithe du stress qui nous toise déjà. L’ombre de l’épuisement psychique, physique, intellectuel ou émotionnel (voire un savant mélange des quatre : par quoi avez- vous envie de commencer ?) se rapproche dangereusement.

Pourtant, la réalité derrière l’image de papier glacé (ou plutôt en 4K, modernisation oblige) n’est pas celle que la société voudrait bien nous vendre comptant.

Combien de couples modèles (en apparence) divorcent avec pertes et fracas du jour au lendemain (en apparence, bis : le ver était dans le fruit depuis bien longtemps, enfoui sous un vernis épais comblant tant bien que mal les fissures jusqu’à ce que le masque craque et vole en éclats) ? Combien de cadres supérieurs s’effondrent, exsangues, sur l’autel, ou plutôt le tableau de bord, de leur voiture dernier cri ? Certains vont même jusqu’à cumuler les burn-out… Encore une fois, la vie n’a pas de prix. La vie ne vaut rien, pourtant rien ne vaut la vie.

 

Une des clés pour ralentir, c’est la nature.  Dans l’article suivant, nous vous partageons 5 principes simples et essentiels pour vous inspirer de la nature : 

Et pour vous y connecter voici un cadeau : la Méditation des éléments.

A pratiquer sans modération : le matin avant de commencer votre journée de travail, à un moment où vous sentez que le multitasking vous gagne et que relâcher la pression est nécessaire, en week end, en vacances… partout ! 10 minutes pour vous, qui pourraient bien vous changer la vie.