Propos sur la Méditation (2ème partie)

Propos sur la Méditation (2ème partie)

Les principaux effets de la méditation (non exhaustif)
  • La méditation nous ressource

Selon une étude publiée dans le Journal of Business Venturing et menée par des chercheurs américains de l’Oregon State University, relayée en France par Santé Magazine en novembre 2019, 10 minutes de méditation de pleine conscience aideraient à “compenser” la fatigue, puisqu’elles équivaudraient à 44 minutes de sommeil.
C’est donc un excellent moyen de se ressourcer, de remplacer une sieste, de retrouver de l’énergie, ce qui bien évidemment n’est pas une raison pour méditer dans le but de réduire son temps de sommeil, lui aussi capital pour notre santé !
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  • La méditation renforce attention et présence

Dans ce monde VUCA (Volatile, Uncertain, Complex, Ambigous) qui est le nôtre, il est extrêmement difficile d’être dans une véritable attention car nous passons sans cesse d’une tâche à une autre, voire d’un écran à l’autre, soumis que nous sommes à la dictature de l’empereur Rentabilité 1er.  Messageries diverses et variées (nous contrôlons nos emails toutes les 7 minutes en moyenne) nous sur – stimulent en permanence.
Au final, nous sommes présents sans l’être vraiment.
En plus de ces sollicitations extérieures, nous avons les nôtres ! 70 000 pensées par jour soit 46 pensées par minute. Une toutes les secondes et 25 centièmes.
47 % sont aléatoires, c’est à dire qu’elles sont liées au passé ou au futur : donc pas au présent. Pouvons – nous vraiment être présents et disponibles quand 70 % de nos pensées sont tournées vers autre chose que l’activité dans laquelle nous sommes engagés ?
La méditation nous aide à prendre conscience de l’omniprésence des pensées. Elle nous permet aussi de comprendre que nos pensées ne sont… que des pensées, pas la réalité ! Elles n’ont d’emprise que si l’on veut bien les suivre. La bonne nouvelle est que nous pouvons décider de ne pas en être l’esclave. Nous avons toujours le choix.
Enfin, elle nous aide à réaliser que nous ne sommes pas notre mental. En prendre conscience lui redonne sa juste place, nous permet de mieux percevoir et ressentir tout ce que nous vivons, d’être plus présents, donc plus ouverts à l’autre. La qualité d’attention change du tout au tout.

  • La méditation aide à être plus juste et faire de meilleurs choix

Tout comme nous ne sommes pas nos pensées, nous ne sommes pas nos émotions. S’en détacher ne signifie pas les fuir, bien au contraire ! L’intention de la méditation est de nous aider à vivre pleinement ce qui est, dans l’instant, observer, et, peut – être, à en comprendre la réalité.
Plus la méditation devient une pratique régulière, moins nous sommes affectés par les événements et les émotions : les comportements réactifs et automatiques font place à des choix conscients, car nous parvenons à nous en dissocier et à prendre du recul. Toute l’énergie accaparée par les pensées qui tournent en boucle et les émotions envahissantes se dissipe.
Plus disponible, le méditant gagne en profondeur et en justesse : plus centré, il peut faire de meilleurs choix.

  • La méditation augmente nos performances

Savez – vous que le « multitasking » réduit la productivité de 40 % ? Moralité, ceux qui pensent que faire trois choses à la fois est un signe d’efficacité se bercent de douces illusions !
Méditer nous aide à mieux discerner quand nous agissons « inconsciemment », de façon éparpillée, versus quand nous faisons une chose à la fois, en pleine présence et attention. En limitant les actions ou réactions inutiles, nous agissons moins et mieux : la quantité fait place à la qualité. C’est une performance plus naturelle, qui nous permet d’accéder à un meilleur potentiel humain.
Attention cependant à ne pas se tromper d’intention : il ne s’agit pas de méditer dans le but d’être plus productif. Cela reviendrait à méditer pour maîtriser les choses, pour pouvoir « faire » davantage, alors que la méditation ne consiste pas à faire, mais simplement à « être ».
Comme le dit Fabrice Midal, la méditation a des effets profonds parce que paradoxalement, elle ne sert à rien.

 

  • La méditation transforme aussi notre cerveau

Le neuropsychiatre allemand Hans Berger, dans les années 1920, a découvert que notre cerveau est toujours maintenu en fonction par des impulsions électriques qui génèrent des ondes cérébrales liées aux différents états de conscience.

Selon les activités que nous faisons (compter, dormir, rêver, danser, méditer…), nous n’émettons pas les mêmes ondes. Il existe cinq catégories d’ondes cérébrales :

Les ondes Delta (gamme de fréquence de 0.5 à 4 hertz) : ce sont les plus lentes oscillations électriques Elles sont généralement associées à des états de sommeil profond et d’inconscience.

Les ondes Theta (gamme de fréquence de 4 à 8 Hz) : elles correspondent à un état de méditation profonde (chez les personnes entrainées à la méditation), au rêve, aux voyages chamaniques, à l’hypnose, à la supercréativité, à la conscience spirituelle. C’est habituellement un état d’esprit très positif.

Les ondes Alpha (gamme de fréquence de 8 à 13 Hz) : c’est le stade proche de la relaxation, la transition entre l’éveil et le sommeil, la non-excitation, la méditation. L’attention de notre cerveau se tourne vers l’intérieur.
C’est la condition cérébrale la plus propice à la création artistique, à l’intuition.
Nous passons en état alpha au moins deux fois par jour : le soir avant de nous endormir, et le matin, au réveil.
Il nous est possible de passer dans cet état à n’importe quel moment de la journée en méditant ou en pratiquant des techniques respiratoires.

Les ondes Beta (gamme de fréquence de 14 à 30 Hz) : c’est l’état de veille normale, de la conscience, l’extroversion, la concentration, le raisonnement logique, la conversation active. Nos yeux sont ouverts, nous sommes concentrés et nous dirigeons notre attention vers le monde qui nous entoure.

Les ondes Gamma (gamme de fréquence de 40 Hz par seconde) : ce sont les plus rapides du cerveau. Elles provoquent une grande créativité et activité mentale, une grande lucidité. Elles se produisent quand nous sommes en extrême concentration. Elles ont besoin d’un état de tranquillité pour émerger, il nous faut faire l’expérience des ondes Alpha auparavant, elles ne sont pas accessibles directement.
Les études d’Andrew Newberg de l’université de Philadelphie et de Richard Davidson de l’université de Wisconsin-Madison, aux États- Unis, révèlent que lorsqu’un moine tibétain médite, l’activité dans le lobe préfrontal de son cerveau augmente, signe d’une concentration intense, alors que celle de la région pariétale droite diminue, indiquant une perte d’attention temporelle et spatiale. Les zones limbiques (impliquées dans les émotions) sont aussi très actives, contribuant au sentiment de bien- être. Par ailleurs, l’étude a montré que les moines bouddhistes expérimentés produisaient, en méditant, près de 30 fois plus d’ondes gamma que les débutants.

Lorsque nos ondes cérébrales sont parfaitement alignées avec ce que nous sommes en train de faire ou de vivre, nous sommes dans le « flow », la fluidité. C’est un état dans lequel nous éprouvons une profonde satisfaction, nous donnons le meilleur de nous-mêmes et sommes absorbés au point que nous ne voyons pas le temps passer.
Inversement, quand nos ondes cérébrales ne sont pas alignées avec ce que nous faisons, confusion et erreurs peuvent survenir. Cela peut expliquer que parfois, nous puissions nous sentir inspirés, faire certaines choses avec une facilité déconcertante, et la fois suivante, ne pas y arriver du tout. C’est une question d’ondes !
De la même manière, quand les ondes cérébrales d’un groupe de personnes ne sont pas en phase, des conflits peuvent émerger. Toute expression renferme une sagesse, et « être sur la même longueur d’ondes » vient peut – être de là.

« Au cours d’une journée, nous ne faisons que passer d’un état de conscience à l’autre» (Marie-Élisabeth Faymonville, chef du service d’algologie- soins palliatifs du CHU de Liège, hypnothérapeute). Les problèmes surviennent quand une onde cérébrale commence à dominer de façon trop récurrente. Ainsi, le stress et l’anxiété forcent notre cerveau à rester constamment en ondes Bêta : cela entraîne des conséquences terribles pour notre corps et notre esprit, qui ne sont pas conçus pour fonctionner comme cela !
De même, la nuit permet au cerveau, en synchronisant l’émission des ondes, de réparer les traumatismes du jour. Un stress chronique peut perturber cette synchronisation et engendrera notamment manque de concentration, perte de contrôle des émotions et sommeil moins réparateur.

La méditation est un moyen facile de « se mettre » en ondes Alpha et prendre soin de notre corps et de notre esprit.

Mais ce n’est pas qu’une question d’ondes ! Les chercheurs ont trouvé que la méditation modifiait la structure du cerveau. En effet, plus particulièrement depuis une quinzaine d’années, la méditation fait l’objet, notamment du côté des neurosciences, de recherches scientifiques rigoureuses et précises, qui mesurent l’activité du cerveau durant la pratique.
Par exemple, on a pu vérifier par des tests d’imagerie médicale que la méditation activait ou désactivait diverses aires précises du cerveau. Ainsi, la méditation diminue l’activité de la partie du cortex pré-frontal, qui est la partie du cerveau qui s’active lorsque l’on réfléchit, que l’on rationnalise, que l’on intellectualise au profit des aires sensorielles de notre cerveau ( il est nécessaire de pratiquer tous les jours, idéalement, 30 à 45 minutes).
Autre exemple, Sara Lazar à l’Hôpital général du Massachusetts à Boston aux États-Unis et ses collègues , ont utilisé l’IRM pour comparer 15 méditants, ayant une expérience allant de 1 à 30 ans, et 15 non-méditants. Ils ont découvert que la méditation augmente réellement l’épaisseur du cortex dans les zones impliquées dans l’attention et le traitement sensoriel.
Sans rentrer dans des détails anatomiques compliqués, ni citer toute une liste d’études, retenons que le fait de méditer régulièrement peut renforcer les circuits cérébraux responsables du maintien de la concentration, de la maîtrise de soi et de l’empathie.

(Voir la suite de l’article dans la 3ème partie)