Propos sur la Méditation (3ème partie)

Propos sur la Méditation (3ème partie)

Les différents types de méditation

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Si la méditation ne vous attire pas ou ne vous convient pas, c’est peut-être que vous n’avez pas encore trouvé la pratique qui vous correspond. Bonne nouvelle, vous n’êtes pas obligés de rester assis, des heures, en lotus, et immobile. Tout le monde n’est pas Yogi, tout le monde n’est pas le Bouddha, mais tout le monde peut méditer !

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La « Mindfulness » ou Pleine Conscience
Le terme “Mindfulness” se traduit en français par l’expression “pleine conscience”. Il aurait été plus approprié de parler de “pleine attention”, ou encore de “pleine présence”. En effet, être pleinement attentif ou présent semble assez aisé à concevoir. En revanche, être “pleinement conscient” soulève, avant même de commencer à méditer, des questions d’ordre philosophique, psychologique, neurologique, éthique et spirituelle : qu’est-ce que la conscience ?

En général, les exercices de pleine conscience proposés dans les écoles, hôpitaux et entreprises s’arrêtent à ce stade, et c’est tout à fait suffisant pour la majorité, tout le monde n’étant pas intéressé par une démarche d’introspection. Dans son approche plus avancée, comme nous l’avons abordé plus tôt, la pleine conscience devient une invitation à comprendre la réalité de l’existence. Certains enseignants de Mindfulness s’arrêtent aux bases, c’est-à-dire à vivre l’instant présent, d’autres accompagnent leurs élèves dans la recherche de vérité.

La MBSR (Mindfullness Based Stress Reduction)
À la fin des années 1970, Jon Kabat-Zinn, biologiste américain, a laïcisé la pratique de la méditation pour la proposer à des fins thérapeutiques dans la clinique du stress où il travaillait. Parti du constat que le fait de ne pas accepter sa maladie générait du stress, et parfois des souffrances supplémentaires, il a travaillé sur l’acceptation de la douleur, physique et émotionnelle.

La mindfulness, c’est s’exercer à être attentif, en soi, à ce qui est présent, sans jugement, à ce qui se passe dans l’instant.

Il a créé le programme MBSR (Mindfulness Based Stress Reduction) : un protocole médical de 8 semaines basé sur la réduction du stress, validé par de nombreuses études scientifiques, et dénué de tout principe religieux ou dogmatique. Ce n’est pas la pleine conscience : c’est un ensemble de pratiques attentionnelles, regroupant la pleine conscience, mais aussi le yoga, la relaxation, la sophrologie. Il poursuit un objectif particulier, la réduction du stress, comme son nom l’indique bien. Le programme MBSR étant une démarche de bien – être, il s’arrête donc aux bases de la Pleine Conscience.

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Le Yoga
En portant l’attention sur la respiration, sur une posture, sur un point du corps, sur un chackra, le yoga offre bien des façons de méditer. L’idéal est de tester plusieurs pratiques pour trouver celle qui vous convient.
Corps et esprit étant intimement liés, l’avantage du Yoga est bien évidemment l’engagement du corps dans la pratique de méditation.

Les Méditations guidées
Les applications sur Smartphone font l’objet d’un engouement croissant d’année en année. La plus connue (vous vous doutez de laquelle nous parlons), coûte entre 5 et 7 € par mois et compte des millions d’abonnés. C’est une bonne manière de découvrir la méditation, de pratiquer facilement (dans les transports en communs, au bureau…), et c’est aussi parfait pour faire baisser la charge mentale.Il existe d’autres types de méditations guidées.Il peut s’agir de vidéos, de podcasts, de méditations en présentiel. Pour ces dernières, il y a de nombreuses variantes. L’enseignant peut inviter ses élèves à focaliser l’attention sur la respiration,  leur faire des suggestions, des visualisations, leur faire chanter des mantras…). C’est approprié pour commencer la méditation, pour se motiver ou encore pour maintenir une régularité dans sa pratique. Ceci dit, le risque est, comme avec les applications, de créér une sorte de dépendance et d’éprouver par la suite de la difficulté à méditer seul ou dans le silence.

La Méditation Vipassana
Abordée en début d’ article, nous savons maintenant qu’elle n’est pas une simple démarche de bien-être, mais un outil puissant de compréhension et de libération, exigeant un réel effort. Enseignement le plus ancien, c ‘est la deuxième étape des pratiques de méditation dans le bouddhisme, après Samatha, « la pacification mentale ». Vipassana peut être traduit par « Insight » (aperçu, vision profonde, inspection). Elle amène à une prise de conscience claire que l’on peut résumer à « voir les choses exactement telles qu’elles sont réellement », ou encore comprendre la vraie nature de la vie, sans accepter l’explication de quelqu’un d’autre.

Toute retraite dure au minimum 10 jours, dans le silence le plus complet, sans lecture, sans smartphone, coupé du monde. Il faut donc être prêt : Vipassana est d’ailleurs surnommé la “machine à laver intérieure”.
NB : d’autres méditations, notamment les pratiques zen, zazen, tibétaines poursuivent aussi cette quête de vérité.

Les Méditations sonores
Méditation au son de bols tibétains, méditations chantées s’appuyant sur des mantras en langues anciennes, concerts «méditatifs »… Le son apaise l’esprit, réaligne les chakras, fait vibrer et harmonise les corps subtils. Pour certains, c’est un nettoyage, pour d’autres un voyage intérieur, une “reconnexion à soi”. Celui qui souhaite atteindre cela vivra certainement des moments très intenses. Si par contre l’intention est une quête de vérité, Vipassana sera plus adaptée.

Les Méditations Actives d’ Osho
Ces méditations ont été créés par un gourou indien, Osho, spécifiquement pour les Occidentaux, pour qui la méditation « traditionnelle », immobile, pouvait s’avérer difficile, voire impossible. Il s’agit de méditations où le corps est en mouvement permanent. Elles se pratiquent dans le noir (pour se libérer du regard de l’autre), accompagnées d’une musique forte et entrainante.

Une respiration chaotique et des mouvements ininterrompus aideront l’ énergie à sortir. Cette expression corporelle calme le mental, libère les tensions et les émotions. Tout ce qui est réprimé doit sortir (ce qui ne s’exprime pas, s’imprime) et certains nœuds ne peuvent se défaire qu’en passant par le corps.

Une fois débarrassé de ce trop plein, le méditant se sent plus léger, plein d´énergie, comme nettoyé. C’est une expérience profondément libératrice, certains parlent même de renaissance.

Si le personnage d’Osho vous dérange (il est assez controversé, à juste titre), ou si vous n’aimez pas sa pratique, essayez un autre type d’expression corporelle, quel qu’il soit : danse médecine, impro – danse, danse des 5 rythmes,  danse contact, ou même danse libre….

 

Conclusion

Quelle que soit la raison pour laquelle on médite, quel que soit le type de pratique, il est aujourd’hui prouvé, pour ceux qui seraient rassurés par une caution scientifique, que la méditation a des effets bénéfiques multiples. A part dans certains cas particuliers (dépression), aucune contre – indication ne lui est connue.

Choisir sa pratique dépend de son intention. Pour savoir si une pratique vous convient, constatez si l’effet obtenu correspond à l’intention émise (être plus calme, rechercher le bien – être, s’approcher de la vérité…).

Selon l’OMS, le stress est l’épidémie du 21ème siècle, entrainant 800 000 suicides par an : davantage de décès que ceux provenant des guerres ou des meurtres ! Alors, qu’il s’agisse de méditation, d’exercices pour passer en ondes Alpha, ou toute autre méthode pour être en « flow » avec son Soi plutôt qu’en stress, il semble donc urgent, vital même, de prendre soin de Soi. Et ça, c’est une décision qui n’incombe qu’à une personne : Soi – même.